Le cuivre est considéré par les économistes comme un indicateur avancé de la santé de l'économie mondiale ; son surnom de "Dr. Copper" lui vient de cette corrélation forte avec les cycles industriels 1. Son cours reflète la demande de la construction, du transport et de plus en plus de l'électrification.
Une année 2025 contrastée
Le cours du cuivre sur le London Metal Exchange (LME) s'est établi entre 9 200 $ et 11 500 $ la tonne en 2025 selon les données ICSG 2, soit environ 8 à 10,50 €/kg au taux de change moyen. Trois phases ont rythmé l'année :
- Janvier à mai 2025 : montée à 11 200 $/t, portée par l'optimisme sur la reprise chinoise post-pandémie et l'accélération des immatriculations de véhicules électriques.
- Juin à septembre 2025 : correction à 9 300 $/t suite aux signaux mitigés de la zone euro et au ralentissement de la construction chinoise.
- Octobre à décembre 2025 : rebond à 10 800 $/t avec les coupes de taux des banques centrales (Fed, BCE).
Les trois forces du marché
1. La transition énergétique tire la demande
Une voiture thermique contient environ 23 kg de cuivre. Une voiture électrique en contient 80 kg 3. Les éoliennes terrestres en consomment environ 3 tonnes par MW installé. Les parcs solaires : 5 tonnes par MW.
Conséquence : les agences internationales (AIE, Wood Mackenzie) prévoient une augmentation de 40 % de la demande mondiale de cuivre d'ici 2035 4.
2. L'offre minière sous tension
Les principales mines de cuivre, au Chili, au Pérou et en RDC, vieillissent. Les teneurs en cuivre des minerais extraits baissent en moyenne de 1 % par an depuis 20 ans selon les données USGS 5. Les nouveaux gisements (Kamoa-Kakula en RDC, Quebrada Blanca II au Chili) ne suffiront pas à combler le déficit projeté.
Selon les projections de Goldman Sachs Commodity Research, le marché mondial pourrait être en déficit structurel de 1 à 2 millions de tonnes par an d'ici 2030 6.
3. Le rôle croissant du recyclage
Face à ces tensions, le cuivre secondaire (recyclé) prend de l'importance. Aujourd'hui, 35 % du cuivre raffiné dans le monde provient du recyclage selon l'International Copper Study Group 2. L'objectif européen est d'atteindre 50 % d'ici 2030 dans le cadre du Critical Raw Materials Act 7.
Pour les particuliers et professionnels qui vendent leur cuivre, cela se traduit par :
- une demande structurellement forte,
- des prix d'achat soutenus par les centres de recyclage,
- une valorisation environnementale reconnue (carbone évité).
Ce qui peut faire bouger les cours en 2026
| Facteur | Impact attendu |
|---|---|
| Baisse des taux Fed/BCE | ↑ Stimule la demande |
| Récession en Chine ou USA | ↓ Forte baisse possible |
| Tensions géopolitiques (Russie, Chili) | ↑ Risque d'offre |
| Découverte d'un nouveau gisement majeur | ↓ Détente offre |
| Accélération du PV / éolien européen | ↑ Long terme |
Quel impact pour vous
Si vous vendez du cuivre
Le marché reste favorable aux vendeurs sur le moyen-long terme. Les centres de récupération belges (comme Nili Métal) ajustent leurs prix d'achat quotidiennement en fonction du LME et des coefficients commerciaux.
Notre conseil : si vous n'êtes pas pressé et que le marché est en correction temporaire (-5 % sur 30 jours), attendez. Si le marché est en hausse forte (+10 % sur 30 jours), c'est le bon moment pour déposer.
Si vous achetez du cuivre (industriels)
Anticipez les hausses structurelles. Les contrats à terme (futures LME) permettent de figer un prix pour 3 à 12 mois. Les industriels électriques ou plombiers peuvent envisager du stockage stratégique sur les phases basses.
Pour aller plus loin
- Cours actuel du cuivre rouge (mis à jour quotidiennement)
- Cours du cuivre neuf, cuivre étamé
- Tableau de bord complet des 20 métaux
- Vendre votre cuivre en Wallonie avec Nili Métal